Calme et tranquille – Valérie Manteau

L’autre jour, à la Fnac, j’errais dans le rayon littérature. C’était un moment de grâce, car j’attendais que quelqu’un vienne m’y retrouver, pour une fois j’étais au milieu des livres sans but précis, à passer le temps, sans heure de rendez-vous ou de séance de cinéma à laquelle me rendre ensuite. Je regardais les couvertures, rien ne m’intéressait, ou plutôt tout m’intéressait, c’était un moment de flottement qui avait quelque chose de magique.

Bref j’en viens à l’essentiel, je suis alors tombée sur un tout petit livre. Je l’ai pris, j’ai lu la 4ème : « Calme et tranquille décrit l’irruption brutale de la violence dans la vie d’une jeune femme. » Je me suis dit : violence conjugale, je m’apprêtais à le reposer. En dessous, des éloges d’écrivains. Annie Ernaux, Virginie Despentes « il y a des fulgurances extraordinaires » et Dany Laferrière « j’ai lu le livre dans ma baignoire. » OK j’achète, je ne sais pas pourquoi l’image de la baignoire m’impressionne. Je le feuillette, je suis happée, ça parle d’un chat malade, de psy, de Charlie Hebdo, d’une grand-mère qui regarde Koh Lanta, d’Istanbul et de Marseille. J’ai tout de suite eu la certitude que c’était un bon livre, ou un beau livre, ou plutôt un livre pour moi, enfin bref. 

L’auteure ? « Valérie Manteau ». Je venais de parcourir les rayons des nouveautés, clairement ce nom me disait quelque chose, j’y suis retournée. « Le sillon » : prix Renaudot. J’étais toute fière d’avoir été par hasard happée par un livre d’une écrivaine aujourd’hui primée. Puis, un doute dans mon esprit. Peut-être que je devrais plutôt acheter le prix Renaudot alors? Je lis la 4ème du Sillon, je le feuillette, ça parle d’un homme à Istanbul, à moi ça ne me parle pas. Je retourne chercher mon petit livre. 

Et bien vous savez quoi? J’ai eu raison car il est fabuleux ce petit livre. C’est drôle, bien écrit, la violence en fait c’est celle qui s’est abattue sur Charlie Hebdo, j’ai déjà lu le Philippe Lançon, la bd de Catherine Meurisse, mais là ça parle de celle qui n’y était pas, de celle qui a du supporter ensuite les commentaires, et qui nous rappelle l’abominable, qui nous parle des morts avec une douceur infinie. 

Mais le livre parle aussi d’autre chose, de la mélancolie, des mots des psys, de la nécessité du rire, c’est lumineux, ça tient en 140 pages (plus ça va plus je commence à me dire qu’il y a du génie dans ces écrivains qui en peu de lignes disent tant). Alexandre me demande en lisant le titre « c’est un livre de méditation? ». En quelque sorte. Au cas où je l’aurais oublié ce livre vient me rappeler que la littérature c’est vraiment merveilleux. 

Bref vous l’aurez compris je vous le conseille !

Paru le 6 octobre 2016 aux Éditions Le Tripode.

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